La plupart des passagers qui prennent les airs à bord des avions, incluant les plus modernes du monde de l’aéronautique, n’ont aucune idée d’où vient l’air qu’ils respirent, une fois assis à leur siège.

Vous savez, le petit évent orientable qui se trouve au-dessus de votre siège et qui vous permet de recevoir ou non de l’air? Et bien, selon vous, d’où vient cet air?

Après tout, votre avion vole à une altitude telle que la température de l’air devient irrespirable tellement elle est froide, descendant souvent aux environs de -55 degrés Celsius alors on pose la question à nouveau, d’où vient l’air que vous respirez, une fois assis à votre siège?

Cet air qui vous permet de respirer un peu vient des moteurs latéraux de l’avion. Il s’agit des moteurs disposés sous les ailes, de chaque côté de l’avion. Oui, votre air vient des moteurs d’avion car il y a un dispositif dans ceux-ci pour chauffer l’air glacial afin de le rendre respirable, une fois arrivé au-dessus de vos têtes.

Avant de continuer, juste préciser que c’est pour cette raison que l’air, avant que votre avion ne décolle, sent souvent le kérosène d’avion. C’est parce que vous baignez dans les vapeurs de fioul, ce carburant d’aviation toxique. Alors rappelez-vous d’en respirer le moins possible.

On continue…

On parlait de l’entrée d’air qui se trouve dans les moteurs sous les ailes parce que l’air peut y être réchauffé.

Sachez qu’à tout moment, sans prévenir, de l’huile ou un autre contaminant émanant des puissants moteurs d’avions, peut se mélanger à l’air destiné au passagers, à l’intérieur de l’avion.

Il peut s’agir d’une petite fuite épisodique ou régulière mais il peut aussi arriver des événements de fuite plus importants. La composition de ces “fume events” ou événements d’air contaminé varie selon le mélange issu de la fuite. Ça peut donc être de l’huile ou encore, une variété de produits chimiques (comme des lubrifiants) réputés être très utiles pour le bon fonctionnement du moteur mais potentiellement toxiques pour l’homme (et tout ce qui est “vivant”).

Une vocabulaire à connaître

Alors voilà une nouvelle désignation à ajouter à votre vocabulaire de voyageur d’avion: les “fume events” et même si vous deviez en être victime dans une toute petite mesure, vous deviendrez potentiellement (encore ce mot) victime de ce qui est communément appelé le “syndrome aérotoxique”, rien de moins. Un syndrome toxique qui a cours en avion, dans un espace fermé hermétiquement et où vous êtes en quelque sorte prisonnier, le temps de votre vol.

Impossible de vous protéger de l’air qui entre par ces évents, au-dessus de vos têtes. Même si le vôtre est fermé, soyez assurés que d’autres passagers les auront ouverts. Alors s’il y a une contamination, vous risquez d’être exposé et alors là, bonjour les dégâts.

Il faut savoir qu’il n’y a pas d’exposition sans effet lorsqu’il y a un “fume event” puisque par définition, il s’agit d’une exposition toxique.

Les passagers sont en danger de respirer ces émanations rarement mesurées (en cabine) et très difficiles à repérer (par des mécaniciens d’entretien des moteurs de l’avion, avant le décollage… parce qu’à l’intérieur du moteur). Mais ce sont les membres du personnel de bord qui sont en proie d’être exposés aux “fume events” le plus fréquemment. Pour eux, même à petites doses, les problèmes associés au syndrome toxique peuvent avoir des effets catastrophiques.

Surveillez les symptômes

Affublés d’une variété de symptômes habituellement issus d’une attaque chimique sur le système nerveux des personnes affectées, on assimile la liste suivante de conditions à une exposition à un ou plusieurs “fume events”:

  • Troubles psychologiques ou psychosomatiques
  • Syndrome de fatigue chronique
  • Migraines sévères
  • Sensibilité chimique multiple
  • Infections virales mystérieuses
  • Troubles de sommeil
  • Dépression
  • Stress
  • Anxiété

Rien pour vous donner envie de prendre ce problème de santé publique à la légère.

Ça ne donne pas le goût non-plus d’aller marcher aux abords des aéroports où des moteurs d’avions brulent du carburant toxique presqu’en permanence.

Une association pour combattre cette menace permanente

Le problème est tellement grave que l’Association des victimes du syndrome aérotoxique (AVSA) a été créé, en France.

Dans cette page, l’association explique que ces fuites ne sont purement et simplement pas documentées pour des raisons liées à la pression commerciale, entre les avionneurs. S’il fallait en plus assurer la sécurité de l’air que les passagers respirent, ça pourrait s’avérer ruineux.

La vérité, c’est que les entrées d’air devraient avoir lieu ailleurs que dans les moteurs et le chauffage devrait idéalement avoir lieu ailleurs, aussi. Mais pour des raisons d’économie, ce chauffage a été placé dans les moteurs et l’entrée d’air aussi.

De plus en plus de médecins qui sont de mieux en mieux conscientisés à cette réalité considèrent que les victimes des “fume events” pourraient être bien plus nombreux que les opérateurs des lignes aériennes ne l’admettront jamais.

Les substances toxiques qui entrent dans le corps des victimes d’incidents d’émanations peut disparaître avec le temps ou demeurer persistants. Les substances chimiques qui contaminent l’air des avions varie beaucoup et la réponse pourrait se trouver dans la poussière en cabine qui trahit la présence de ces éléments toxiques.

Une huile qui vous menace

Si l’on prends l’exemple d’une huile synthétique pour turboréacteurs (utilisée dans presque tous les avions turboréactés) qui liste, parmi les effets secondaires qu’elle provoque…

  • Maux de tête
  • Vertiges
  • Somnolence
  • Nausées
  • Autres effets sur le système nerveux

Une substance appelée le phosphate de tricrésyl qui est un organophosphore donc un composé connu pour ses propriétés neurologiques qui modifie le système nerveux central et périphériques.

Avez-vous bien lu ça?

Si vous avez été distrait par quelque chose, prenez deux secondes et relisez. Ça attaque votre système nerveux central et périphérique. Ça vous attaque, directement… avec des dommages irréversibles.

Ça ne donne pas le gout de prendre votre prochain voyage d’avion ou même, votre prochain détour par l’aéroport, à la légère.

Si vous travaillez dans les avions, vous savez mieux que quiconque à quel point le personnel est affublé de maux de tête et ceux-ci seraient, au moins en partie, causés par des émanations toxiques.

Ça devrait vous faire réfléchir… même si vous êtes un passager.

Une des cibles: votre système nerveux

À titre de rappel, une attaque contre votre système nerveux central peut mener à des problématiques invalidantes, pouvant mener à la mort. Si c’est votre système nerveux périphérique qui est atteint, c’est une neuropathie périphérique des pieds, puis des mains qui vous guette avec les risques d’amputation que ça suppose.

Et les compagnies aériennes ne vous dise RIEN.

Pire, elles ne mesurent même pas ces risques toxiques dans l’air qui vous parvient, lorsque vous avez pris place dans leur avion. Pire, après que vous ayez payé pour ce siège d’avion afin d’aller jouer à la roulette russe, pour ainsi dire, avec votre santé.

Les moteurs ont besoin d’huiles et de lubrifiants pour bien fonctionner alors ce problème peut se produire dans tous les avions.

À vous de voir ce que vous voulez faire de cette information mais au moins, peut-être pour la première fois, vous savez désormais qu’il y a une alerte en raison des gaz toxiques dans les avions.